Sam hésita un long moment avant de lire le message mais
finalement, il craqua et ne put s'en empêcher. L'occasion était trop belle, aucun regard pour l'observer , aucune preuve, en supposant qu'il efface le message. Le délit parfait, sans
témoin, sans trace. Il n'y avait que sa conscience qui lui suggérait de ne pas le faire, mais pour une fois il ne l'écouta pas. Plongé dans l'obscurité, seule la lumière provenant du portable
mettait en évidence les traits de son visage.
- Lire, valider, murmura-t-il doucement
Le numéro de l'expéditeur n'était pas répertorié.
- Ça commence bien, je sens que ça va me plaire.
Le texte, dans un langage sms que Sam méprisait, s'afficha sous ses yeux :
<< on va se revoir ? tu pe repaC quand tu ve tu me manke jesper que tu pense a moi ds les bras de lautre ! repon vite
>>
Le téléphone fit une descente vertigineuse accompagnée de plusieurs saltos avant de s'écraser.
- J'hallucine c'est ça, je suis fatigué !
Il ramassa le portable qui ne semblait avoir aucune séquelle, et se mit à relire le message une deuxième fois. Ses yeux ne l'avaient pas trahi, et il n'y avait aucune illusion
possible.
- Une erreur de destinataire alors ? s'interrogea Sam.
Afin de vérifieir son hypothèse, il sortit de la chambre d'Assia et appela juste le temps de reconnaître une voix masculine avec un ton grave sans accent particulier avant de raccrocher. Il
essaya en vain d'assimiler un visage à cela, lorsque le téléphone vibra à nouveau. Il ne s'agissait pas d'un message mais d'un appel cette fois, et en l'occurrence du numéro qu'il
venait de composer.
Le prénom qu'il entendit alors ne lui fut pas inconnu.
- Jenny ? c'est toi ?
- D'où connais-tu Jenny et qui es-tu ? fulmina Sam.
- Ça y est tu parles enfin fils de pute, t'es mort ! fut la seule réponse qu'il obtint avant que son interlocuteur ne mettent un terme à la discussion.
- De mieux en mieux !
Le corps de Sam bouillonnait, ses mains tremblaient d'énervement et son regard d'un noir intense était plus inquiétant que toutes les Gorgones issues de la mythologie grecque. D'habitude
calme et serein, son esprit était trouble et submergé de colère. Il ne manquait à ce tableau qu'un magnifique trait de bave s'écoulant de sa bouche pour pouvoir affirmer qu'il avait bien la
rage.
Une seule personne se risqua de l'approcher dans cet état, Morphée, profitant de la fatigue générée par ces événements pour l'emporter silencieusement avec
elle.
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