Même lorsqu'il n'était pas en stage, Sam était obligé, une fois de plus,
de revenir ici. Il avait l'impression de ne jamais quitter ce milieu. De l'organisation au personnel, il connaissait tout et tout le monde. Autrefois, il trouvait ça sécurisant. Mais maintenant, il
percevait les choses différemment.
Après avoir passé la porte d'entrée, il se dirigea vers l'accueil. On lui indiqua de se rendre en service de médecine, avec pour seul indication supplémentaire un numéro de chambre.
Toujours cette meme odeur, toujours ces couleurs blanches envahissantes, un lieu propre et pur mais sans aucune vie. Certaines chambres étaient ouvertes, d'autres fermées. Sam croisa
plusieurs personnes qui scrutaient par la fenetre à la recherche d'un moyen d'évasion, ou tout simplement en espérant apercevoir l'un de leur proche. La solitude, Sam la ressentait emaner de
partout. Le bruit de la télévision tentait de rendre le silence moins pesant ou d'ettoufer des cris de douleur, et fournissait un semblant d'accompagnement à ces personnes. Débarrassée
de ses tâches quotidiennes et répétitives, où était l'équipe du service ? pas auprès des patients en tout cas . Le couloir était desert. Il regardait le numéro qui figurait sur chaque porte
afin de retrouver celui qu'on lui avait indiqué, tout se ressemblait tellement.
- Chambre 412, ça doit être là.
Il tappa fermement à la porte, comme il le faisait habituellement, et entra. Sauf qu'il n'était pas en blouse et ne venait effectuer aucun soin. Pendant une fraction de seconde, il se
demanda même pourquoi il prenait la peine d'etre ici.
La chambre était aussi vide que le reste de l'hôpital : une chaise, une table et un lit tentaient de combler cela, mais sans réelle reussite. Jenny était allongée mais apparemment en bonne
santé. Un sentiment de soulagement l'envahit avant de laisser place à la colere. Il s'approcha de Jenny qui tourna lentement la tête vers lui.
- Je suis désolée, dit-elle d'une voix fragile.
Il ne répondit rien, et se contenta de la regarder fixement sans aucune émotion apparente. Ses yeux étaient sombres et froids.
- Qu'est-ce qui t'arrive, tu m'en veux ? demanda-t-elle.
Aucun mot ne sortit de la bouche de Sam.
- Mais parle ! qu'est-ce qu'il y a ?
La main de Sam s'avanca delicatement vers celle de Jenny, il caressa du bout des doigts sa peau avant de déposer au creux de sa main son telephone.
- N'oublie pas d'apeler Assia, elle s'inquiete.
- Mais Sam ?
- On parlera plus tard.
- Sam ?
Il ne se retourna pas et s'avanca vers la porte.
- J'oublié, j'ai trouvé une réponse à une de mes nombreuses questions : on ne peut pas toujours pardonner.
- Sam ? mais de quoi parles-tu ?
- Sam ?
Il referma la porte et s'engouffra de nouveau dans le couloir en direcion de la sortie lorsqu'une infirmiere l'interpela.
- Excusez-moi je peux vous aider ?
- À moins de pouvoir réaliser des miracles, je ne crois pas
- Je vous demande pardon ?
- Oubliez ça, au revoir, rajouta Sam avant de reprendre son chemin.
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